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Article de presse

Article paru dans MALIJERESTE - Janvier 2013                             

Lien : http://malijereste.wordpress.com/

 

Marre de voir des images d’un Mali en crise, à un cheveu de la guerre ? Marre des reportages dont les premiers rôles sont des hommes armés jusqu’aux dents,entassés dans la benne d’un pick up ? Alors venez découvrir « Tourbillon à Bamako », un film rafraîchissant !      

                                                             

Les bons films tournés à Bamako se font tellement rares qu’on ne pouvait pas louper l’occasion de vous présenter « Tourbillon à Bamako ». Réalisé par Dominique Philippe, vidéaste français amoureux du Mali, ce film est un véritable tourbillon de fraîcheur au cœur d’un cinéma malien souvent palot. Ici les couleurs s’en donnent à cœur joie, l’image est belle et travaillée grâce aux regards aiguisés de Boubacar Sada Sissoko et Souleyman Konaté qui étaient derrière la caméra. On reconnaît bien notre bien-aimée capitale, ses quartiers, sa terre rouge, son effervescence…  

                                       Des images qui sonnent justes et nous emmènent dans la vie de Makan (Chek Oumar Sidibé), jeune héros du film, pour qui la vie bascule à cause d’un petit morceau de papier : Courses-poursuites dans les rues de Bamako à la recherche d’un billet de PMU qui fait courir Makan à côté de l’essentiel, une jolie lectrice du nom de Sira, interprétée par Mama Koné. La jeune femme fait la lecture au père de Makan, un analphabète passionné par les livres et leurs histoires.

« Tourbillon à Bamako » c’est une comédie (un poil trop) romantiquequi n’a pas toujours évité les pièges des scènes d’intimité trop longues et les répétitions. Pourtant le film nous donne l’occasion rire largement à travers des dialogues bien rodés. On salue également le choix du Bambara et non du Français, ce qui permet d’apprécier réellement le talent des acteurs bien plus à l’aise dans leur langue maternelle, mais surtout de se sentir bel et bien au Mali. Évidemment, comme toute histoire africaine qui se respecte, le film s’achève sur une morale et tout est bien qui finit bien…

Mais on aime ça, quand les histoires finissent bien, non ?              

Article paru dans MALIWEB.net – Janvier 2013

L’Afrique n’est pas ce qu’on nous montre. Elle a aussi un cœur et une âme. Le film «Tourbillon à Bamako» est une comédie qui dévoile la vie quotidienne des jeunes de Bamako à travers leurs familles, l’amitié, le travail et donne une autre image de l’Afrique que celle colportée par les médias occidentaux. Suivez notre reporter.

Pourquoi ce film, «Tourbillon à Bamako» ?

J’ai vécu trois années à Bamako et mon métier est de faire des films. J’ai fait beaucoup de films institutionnels basés sur des réalités courantes. J’ai été professeur au conservatoire des arts et multimédias de Bamako pendant un an où j’ai repéré les meilleurs éléves, les plus motivés, et on a formé une équipe qui fait des merveilles. J’ai écrit le scénario sans avoir le budget au début. L’AECID, la coopération espagnole au Mali, a subventionné le film donc on a pu faire le tournage entièrement grâce au fonds espagnol. Ce n’était pas suffisant et on a trouvé un peu d’argent et des bonnes volontés en France. C’est un peu la base du film. Surtout on a eu une équipe dynamique et des acteurs impliqués que je connaissais pour les avoir fait jouer dans quelques petits films de commande.   Ce fut la dernière réalisation avant de quitter le Mali. C’était une consécration de pouvoir réaliser ce film et de vous le montrer ce soir en public.

 

Quel est le sujet de ce film?

“Tourbillon à Bamako”, comme vous avez pu le voir, c’est avant tout plusieurs histoires. L’histoire du billet de PMU-Mali est pour moi une histoire secondaire. Cette histoire est écrite pour faire découvrir la ville de Bamako, la vie quotidienne , la jeunesse de Bamako. Le thème principal est surtout l’éducation. Ce thème est très important pour le développement du Mali. A mon avis, l’éducation malienne est en faillite. Les universités sont en faillites et le conservatoire n’a plus de professeurs. C’est un vrai scandale et c’est dommage parce qu’il y a des jeunes qui veulent s’instruire, se former mais on ne leur donne pas actuellement les moyens de se former au Mali.

Quelle est la particularité ainsi que la leçon que l’on peut retenir de ce film ?

Je ne crois pas qu’il y a une leçon parce que je ne suis pas donneur de leçon. Donc, il n’y a pas de leçon et chacun prend ce qu’il veut. Le film est en bambara pour qu’on puisse toucher le maximum de personnes. Si certaines personnes sont touchées par la problématique de l’excision et si le film est parvenu à faire réfléchir quelques femmes et hommes c’est une bonne chose pour faire avancer le pays. Donc, nous pouvons dire qu’à partir de ce moment là, le film est une réussite.

 

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué durant votre séjour à Bamako ?

C’est la simplicité des gens de Bamako. La simplicité du contact, la jovialité,  l’hospitalité et la chaleur humaine des habitants malgré toutes les épreuves et difficultés qu’ils vivent. Quand je rentre en France, souvent, je vois des gens pessimistes, et qui se plaignent. Ici au Mali, je ne l’ai jamais vu. Quand on leur pose la question : comment ça va, tout le monde répond que tout va bien. C’est ce qui m’a le plus frappé au Mali et je l’ai beaucoup apprécié durant mes trois années. Cette chaleur et cet optimisme donne la joie de vivre.

 

Un message pour les jeunes réalisateurs qui découvrent le monde du cinéma ?

Bien sûr, sans argent on ne peut pas faire de film mais on n’a pas non plus besoin de gros moyens sinon on ne fait rien. Les films en France se font avec un minimum de trois à quatre million d’Euros, mais là, nous l’avons fait avec un grain de sable et beaucoup de volonté. Avec du matériel, de la motivation on peut réussir de belles choses et avec autant de réalisateurs, de comédiens et de techniciens à Bamako, il faut qu’ils réalisent des films pour aller de l’avant et je le leur répète sans cesse, la réalisation est la meilleure pratique, et la pratique est la meilleure manière d’avancer et de faire des films, d’apprendre et de partager également des histoires.

 

Des remerciements ?

Oui. Remerciements à tous les acteurs, au peuple malien pour nous avoir laissé tourner tranquillement dans les rues. On a jamais eut de probèmes tout au long du tournage, et sincère remerciements à Fatoumata Coulibaly dite FC qui a donné une vrai dynamique aux jeunes comédiens parce qu’ils ont vu ces comédiens professionnels sur les plateaux, ce qui motivé tout le monde et vraiment poussé vers le haut les comédiens et le reste de l’équipage.

 

Interview réalisée par Mamadou DIALLO «Mass»